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Mercredi 22 août 2007

14h00 sonne, c'est à notre tour d'entrer sur scène. Nous préparons tous trois nos documents nécessaires et frappons à la porte de la pièce dans laquelle tout va se dérouler. Nous ne tardons cependant pas à être refoulé:

"Nous viendrons vous chercher" nous disent-ils

Les deux garçons sont stressés, ils révisent, relisent leur texte se demandant s'il ne serait pas mieux de dire telle chose avant telle autre. Je les observe, silencieuse un léger sourire amusé s'est dessiné au coin de mes lèvres. Le temps passe, la porte s'ouvre enfin.

"Entrez"

Un seul mot retentit dans le couloir maintenant silencieux. L'homme qui l'a prononcé? La cinquantaine. Son crane reflète les vestiges des années qu'il a vécu. Son dos est légèrement voûté et sa démarche un peu claudicante. Je jette un œil aux garçons, ils n'ont pas bougé. Soit. Je serais la première à pénétrer dans ce petit théâtre qu'est là salle, le théâtre de nos balbutiements.
En pénétrant, je découvre la seconde partie de ce que sera notre public, une jeune femme, la vingtaine, ses traits ne sont pas particulièrement fin mais un charme d'une nature plus qu'inconnue se dégage d'elle. Elle nous dévisage, esquisse un sourire moqueur et nous fait signe de commencer. Devant notre décor, un grand tableau blanc sur lequel défilent des images, commence le jeu de scène de mon premier "camarade". Sa diction n'est pas brillante, il n'est pas assez sûr de lui, de ce qu'il va dire… le sourire moqueur de notre exécutrice s'étire en un rictus à la limite du méprisant. Alors que les deux jeunes hommes se relaient à quelques pas derrière moi, mon regard ne quitte pas notre bourreau.
Mon tour vient enfin. Je suis motivée non seulement pour montrer ce travail de longue haleine dont je ne suis pas peu fière, mais également pour attirer une attention toute particulière sur moi.
Je joue mon rôle, connais mes déplacements et mon texte par cœur… j'improvise de temps à autre, son sourire moqueur a laissé place à un regard intéressé. Au fur et à mesure que son rictus disparaît, le mien s'agrandit. Une lutte se déroule dans cette arène. Une lutte dont chacune de nous veut à tout prix sortir vainqueur. On m'a souvent dit que mon regard était difficile à soutenir… Aujourd'hui, j'ai la possibilité de m'essayer sur cette jeune créature. Tout en débitant mon texte et mes explications, mon attention est portée sur elle, elle ne cille pas, elle semble avoir pris goût au duel et a la même volonté que moi d'en sortir victorieuse.
Le second juge prend la parole, le temps imparti est écoulé. Surprises par cette voix venant troublé notre jeu silencieux, nous détournons toutes deux nos yeux sur l'homme… il écrit deux trois choses et relève la tête:

"Bien, nous allons maintenant vous questionner"

Il commence à poser ses questions aux deux jeunes hommes qui m'accompagnent. Le premier, un fiasco total, il ne saura répondre à aucunes de ces questions… le sourire moqueur n'est maintenant plus seulement sur ses lèvres à elle mais également sur les miennes… Le second arrive à se démarquer de son ami, une où deux questions méchamment choisies le coince un peu mais il arrive à se débrouiller relativement bien.
Viens mon tour, notre duel visuel reprend, ses questions sont plus vicieuses les unes que les autres elle cherche la moindre faille, un bourreau prêt à achever sa proie… oui mais quel bourreau! Une vague de sensualité émane d'elle alors qu'elle tente une mise à mort… Elle  ne tarde cependant pas à comprendre que mon sujet, je le connais sur le bout des doigts et que la faille, elle a beau la chercher, elle ne la trouvera pas. Je contemple son visage déconfit avec une certaine satisfaction, un attrait se crée alors en moi… l'attirance que j'ai ressentit tout au long de l'entrevue se transforme peu à peu en un désir ardent… sa voix dépitée retentit une nouvelle fois:

"Vous pouvez sortir"

Je pose sur elle un dernier regard, gravant ainsi son image dans mon esprit et sort de la salle…

Par Nithael - Communauté : Au fil des mots
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Lundi 20 août 2007
Au troisième top il sera 02h00… l'inspiration me fuit, m'échappe, me glisse entre les doigts, aussi filante qu'une étoile, qui, du haut de ses cinq branches, m'observent, se rit de moi. Ca l'amuse, elle, de me voir la chercher ainsi, tenter de l'attraper en vain.
 
 
Essayez d'attraper du vent entre vos doigts, le résultat est le même. Il me semble loin ce temps où, perché dans la plus haute pièce de cet opéra, les muses me soufflaient monts et merveilles, guidaient mon esprit vers des contrées plus belles les unes que les autres. En attendant que demoiselle inspiration daigne venir se poser sur mon épaule pour me murmurer des mots plus dorés les uns que les autres, j'écoute de la musique et m'évade… Teyssot-Gay et AlJaramani me mènent en orient.
 
A la voir, on ne devinerait pas que du sang oriental coule en elle, brune, une peau blafarde, les yeux sombre, elle a tout d'une européenne pure souche, et pourtant,l'Arménienne qu'elle est ne peut renier ses origines.
 
Conaissez-vous le syndrome de la page blanche? Je voudrais ne jamais l'avoir rencontré. Cette envie d'écrire tout en ayant aucune inspiration… c'est dans des instants comme ça que naissent des textes aussi décousus que celui que vous êtes en train de lire. La guitare de Teyssot-Gay change maintenant de registre, une voix retentie… "Lazy" me hurle t'elle. Elle n'a pas tort, dans ces instants je me sens léthargique, incapable d'aligner deux lignes cohérentes…
 
Cette voix, sensation d'extase à chaque fois qu'elle retentit à ses oreilles, est-ce cela qu'on appel un orgasme musical? Elle ne le sait vraiment, mais les sensations sont toujours les mêmes tout en restant étrangement différentes.
 
 
Je suis maintenant prisonnière de l'ultime étincelle, Zone-la-ville et Thiefaine m'emportent loin d'ici… Excusez-moi, un besoin d'écriture, et j'avoue que mon aiguille était un peu trop amochée pour que le rendu ne soit pas décousu.
 
Par Nithael - Communauté : Au fil des mots
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Dimanche 19 août 2007
Dans la voiture qui nous mène chez lui, nous discutons de choses et d'autres, échanges de futilités. Demain, samedi, nous allons chez sa mère, en Savoie… la route n'est pas extrêmement longue mais il souhaite partir tôt dit-il. La voiture se gare devant son immeuble.
Je pénètre pour la première fois dans son appartement miteux. Il est petit, tout est sale, un frisson de dégoût me remonte le long du dos. Je salue poliment l'une de ses colocataires, jeune fille charmante, nous discutons un instant, je vais rejoindre mon amant dans sa "chambre". La décoration est lugubre, tout m'écœure ici, même lui.
Il est sur son ordinateur, posé sur un de ses jeux stupides, il y joue le rôle d'un capitaine, commandant un vaisseau spatial, une sorte de conquête de l'univers… il m'explique les règles, j'écoute distraitement, approuve de temps à autre, simulacre d'attention.
Après quelques minutes, il daigne enfin poser les yeux sur moi, se levant de sa chaise pour poser ses lèvres sur les miennes, son baiser est doux, langoureux, peu à peu, son corps s'enflamme, ses mains me parcourent, sa bouche explore ma peau, nous sommes sur son lit.

Le contact la répugne, mais elle ne le repousse pas, les ressorts plantés dans son dos rendent sa position inconfortable et pourtant, elle joue son rôle à la perfection, automate délabré, elle simule l'affection, la douceur, le plaisir. Ne sait-il pas que sa mollesse l'agace?

Il me déshabille maladroitement mes mains glissent jusqu'à son bas ventre. Ejaculateur précoce, deux caresses suffisent à le porter à son paroxysme, il ne s'arrête pourtant pas, nous sommes bientôt nus, sa peau brûlante contre la mienne, il durcit une seconde fois sous mes doigts. Sa voix retentie:

"J'ai l'impression d'abuser de toi… ça ne fait pas si longtemps que nous sommes ensemble."

Paroles stupides, ne lui a t'on jamais appris à se taire? Sa gentillesse, sa douceur, sa prévenance. Rien en lui ne lui plait, mais son rôle lui colle à la peau. Trois mots murmurés au creux de son oreille. Un "Je t'aime" non pensé et ses doutes s'enfuient, elle a sut se montrer persuasive.

Inactif, c'est à moi de prendre toutes les initiatives, je le guide, il entre en moi mais demeure immobile. Une douleur se fait sentire en mon bas ventre.

Cette intrusion lui est douloureuse, elle serre les dents, mime le plaisir, pantin dans le théâtre de la désolation. Son plaisir, à lui, ne tarde pas à venir, il se retire, égoïste personnage, sans se soucier d'elle, un sourire niais se pose sur les lèvres, le sommeil ne tarde pas à le gagner.

Je suis maintenant allongée à l'autre bout du lit, position fœtal, dos à lui, alors qu'il ronfle nonchalamment, paupières grandes ouvertes, j'observe ses formes indistinctes et inconnues qui m'entourent, mon esprit est vide, aucune pensées n'affluent en moi.

Tout ceci n'aura été qu'une vague comédie… elle aura abusé de l'homme qui l'aimait.
Tout ceci n'aura été que sa découverte de ce qu'on appel "l'amour".
Par Nithael - Communauté : Au fil des mots
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