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Samedi 18 août 2007

Ce jour que j'attendais tant était enfin arrivé, le temps m'avait parut une éternité, une journée? Un an? Une vie complète? Je ne le sais réellement, mais le moment d'emménager chez lui, de vivre avec lui, d'apprendre ses manies, de me plier à ses habitudes, de lui imposer les miennes était enfin arrivé. Une bulle de bonheur s'était formée autour de moi. Je préparais ses repas en attendant patiemment son retour du travail, l'imaginant un sourire aux lèvres, heureux de rentrer chez "nous". Nos repas du soir, moment de la journée que je préférais, moment de partage intense. De longues conversations, des instants de bonheur, de tendres regards échangés. Rien ne semblait pouvoir entacher à ces moments de plaisirs… et pourtant, il y eut cette goutte, la goutte d'alcool qui fit déborder son vase. L'hivers était installé depuis de long mois et la tempête de neige déferlait sur notre petite demeure campagnarde, la nuit était tombée depuis de nombreuses heures, un feu de bois réchauffait la pièce une atmosphère sereine c'était emparée de nos êtres.

 

Le dîner est enfin prêt. J'apporte les plats sur la table, il est assis, un léger sourire est posé sur ses lèvres. A cette vision, le miens naît naturellement. Je m'installe silencieusement après un moment de silence, sa voix retentie à mes oreilles, signe du début des conversations que j'attends tellement. Nous parlons de tout, de rien, puis un sujet plus lourd se glisse dans la conversation, opinions et arguments échangés, tout dévie sur moi… et là, son opinion reprend le dessus, il finit par me décrire, me dépeindre. Tout change, l'atmosphère devient lourde, pesante... oppressante... Mon regard change, il le voit bien… mes yeux, il les hait … j'abuse du pouvoir que mon regard a sur lui. Mon regard sur lui change, mais le sourire qu'il m'offrait est lui aussi différent… un sourire indéfinissable, effrayant… la peur se lit sur mon visage, son regard est maintenant froid, méprisant. Je sais qu'il a trop bu, qu'il n'est plus dans son état normal. Ce que je ne sais pas, par contre, c'est jusqu'où il est capable d'aller. La sonnerie de mon téléphone retentit… le prétexte qui lui manquait pour s'énerver. Ma peur devient peu à peu panique, je tente de le calmer par des mots tous plus décousus les uns que les autres… erreurs, je ne fais que tout amplifier… la fuite… la seule échappatoire qu'il me reste avant que tout dérape. Oui mais comment? Je suis seule, n'ai ni voiture, ni permis. Le téléphone, je compose le numéro de téléphone de ma mère, il est là, face à moi, toujours le même rictus posé au coin des lèvres, la sonnerie retentit:

 

"Qui appelles-tu?"

 

Son ton est doux et calme, en parfait contraste avec son expression. Une voix chaleureuse raisonne enfin dans le téléphone:

 

"Maman… vient me chercher, je t'en supplie…

 

-Que se passe t'il?

 

-Viens… s'il te plait viens, il me fait peur"

 

Il se lève et s'approche de moi…

 

"Je ne peux pas venir là… j'ai des invités. J'appel tes grands-parents."

 

Le téléphone est maintenant entre ses mains… pas longtemps. Un grand bruit, l'appareil gît sur le sol, en éclat. Je me lève, me dirige vers la porte d'entrée… je n'ai pas le temps de l'atteindre, il m'a jeté sur le canapé et est à demi allongé sur moi… je suis dans l'incapacité de respirer, une main sur ma gorge, l'autre sur mon poignet, aucun mot ne sort de sa bouche mais tout son mépris m'est exprimé… j'étouffe. La peur, qui jusque là m'empêchait le moindre mouvement, laisse place à un instinct de survie… je le bouscule, il est maintenant au sol, l'alcool ayant sans doute joué un grand rôle dans ce "miracle". Je profite de son hébétement et me précipite dehors. Je cours, je sais qu'il ne me suivra pas, mais la peur est toujours là, je ne peux m'empêcher de courir. La neige m'arrive aux genoux mais qu'importe, une route dégagée se déssine enfin dans la pénombre, la route que mes grands-parents devront emprunter pour arriver jusqu'à moi. En cet instant, de nombreuses questions se bousculent dans mon esprit… ma mère les a t'elle prévenues? Viendront-ils? Considéreront-ils cet appel comme un caprice de ma part? un vrombissement se fait entendre, c'est lui, il est maintenant à ma recherche mais ne me trouvera pas, je me suis glissée entre deux voitures garées là. Un temps indéterminé s'écoule, il repasse en sens inverse… il rentre chez lui. Une nouvelle voiture passe, je suis partagée entre la peur de le voir arriver et l'espérance de les voir venir. Elle s'est arrêtée, une portière claque. De là où je suis, je ne peux distinguer qui en est descendue... Une voix retentie… une voix féminine, elle demande à un homme s'il n'a pas vu une jeune fille traîner par-là… ma grand-mère, je me précipite vers elle et lui demande de m'emmener loin d'ici. Elle ne me pose aucune question, l'instant d'après, je suis assise sur la banquette arrière de sa voiture, mon grand-père est au volant:

 

"Quelle idée de nous faire déplacer à une heure pareille? "

 

Je n'ai pas envie parler, de leur dire que papa est devenu fou.

 
Par Nithael - Communauté : Au fil des mots
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Vendredi 17 août 2007

Je sais qu'avec ce genre de post, je vais agacer les plus terre à terre d'entre vous… Grand bien vous fasses…

Imaginez-vous deux fées, l'une respire la douce chaleur du renouveau et de la renaissance, l'autre, un parfait contraste à notre première créature… elle reflète la fraîcheur, la douceur, la beauté irréelle… maintenant que vous les avez en tête, imaginez que ces deux petits êtres sont en conflit à l'heure qui l'est. Des mains de la première naissent des bourgeons, des rayons de soleil, phénomène que la seconde s'empresse d'effacer pour les remplacer par un froid glacial, un voilage impénétrable devant l'astre solaire. Deux êtres se battent corps et âme pour imposer leurs propres lois… l'une souhaite l'arrivée du printemps, l'autre la continuité de l'hivers. La fée de l'hivers s'en étant donnée à cœur joie durant trois longs mois (qui pour elle auront duré une éternité ) commence à faiblir. La fée du printemps, elle, venant de se réveiller d'un long sommeil prend vite le pas sur l'autre créature, se combat approche de sa fin. L'issue? Nous la connaissons tous… un émerveillement, le réveil de toute cette végétation endormie, le retour de la chaleur… La fée du printemps va nous éblouir jusqu'au réveil de Mademoiselle été qui, elle, prendra la suite sans chercher à combattre, une douce amitié lie les deux jeunes créatures, elle commenceront par travailler de paire, puis, Mademoiselle printemps cédera sa place pour rejoindre un pays onirique… jusqu'à la prochaine bataille… tout ceci est une autre histoire, revenons en a nos moutons.. Ou plutôt, à nos saisons.

 

Dame printemps est enfin là, elle aura mis du temps à arriver mais aura finalement réussit à s'imposer face à la majestueuse hivers… Etrange phénomène que le retour du soleil, les gens sont soudainement de bonne humeur. Les visages laissant transparaître une fatigue plus ou moins constante se sont parés de masques de sérénité… le soleil à un effet magique sur beaucoup de personnes, ce ne sont pas seulement des rayons de lumière et de chaleur qu'il distribue mais aussi de quiétude et de bonne humeur

 

Les femmes se parent de leurs tenues légères laissant en voir chaque jours un peu plus. Leurs formes que l'on devait deviner sous des tissus plus ou moins amples sont maintenant exposées aux yeux de tous. Les hommes, eux, recommencent à prendre soin d'eux, ils pensent à se raser, portent des vêtements qui s'accordent les uns aux autres et parfois même arrive à s'asperger d'un parfum plus ou moins odorant, plus ou moins agréable. Pourquoi vous dis-je tout cela?

 

Chez moi, c'est l'effet inverse qui se produit… Peut-être suis-je plus sensible aux charmes de demoiselle hivers… j'aime être transpercée de sa fraîcheur, j'aime le voile qu'elle dépose de temps à autres sur nos contrées.. Un voile blanc, une ode à la pureté à la douceur. Tout cela pour vous avouer, demoiselle hivers, que vous allez me manquer… mais que je vous attendrais comme je vous attends chaque années.

Par Nithael - Communauté : Au fil des mots
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Jeudi 16 août 2007
Moi.jpg


Qui suis-je? Ou plutôt qui est-elle? Non pas que je me prenne pour César, mais je pense qu'il sera plus facile pour moi de me présenter à la troisième personne. Elle est une ombre par mis tant d'autre. Sa vie se synthétise actuellement par de lourds antécédents familiaux qu'elle préférera taire pour des raisons qui lui son propres.

 

Lorsque vous demandez aux personnes qui la côtoie quotidiennement de la décrire, les mots "intrigante", "effrayante" et "cynique" sont les plus récurrents. Intrigante de par sa solitude. Effrayante? Peut-être, elle ne l'avait elle-même pas remarqué, mais de ces trois mots, il est vrai que cynique est celui qui se rapproche le plus de la réalité.

 

Elle aime à être seule et ne s'en cache pas. Sa mère l'a d'ailleurs bien compris et l'a encouragé dans son envie d'indépendance. Elle vit donc maintenant dans sa parfaite solitude. Ses amis? Ils vivent tous relativement loin d'elle ou plutôt, elle vit loin d'eux… nombreux déménagements obligent.

 

Sa plus grande peur? Son avenir, son devenir.. Elle le sait incertain et le redoute… la peur de l'inconnu sans doute.

 

Ne sachant où ses pas la mène, elle romance son présent, de sa plume naissent des courbes laissant, si l'on prend assez de recule pour les observer, apercevoir des mots. Ces mots, elle les aimes… peut être grâce à leur capacité à faire voyager, à effacer les maux, ses maux. Dans sa tête, un univers étrange, harmonieux mélange de rêves, de merveilleux qu'elle entremêle à une réalité parfois trop dure, sa façon à elle de l'adoucir.

 

J'espère vous avoir aider à la connaître un peu… la suite, ses écrits vous le diront sans doute.

 
 
Par Nithael
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